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Utiliser des matériaux locaux et développer des savoir-faire
L'ensemble des actions menées dans le cadre du programme de l'habitat mahorais s'est attaché à privilégier le developpement des savoir-faire et de l'emploi des artisans ainsi que l'utilisation de matériaux locaux.
Relevant les plus significatives des ces techniques, on citera pour le gros-œuvre : la pierre plate, le moellon, la brique de terre crue et la brique de terre cuite. Pour les filières végétales, le cocotier, le raphia, le manguier ou encore le bambou ont été mis en œuvre.
Cet ensemble d'expériences a fait partie intégrante de la démarche de construction de la SIM. Ces initiatives ont parfois donné lieu à la mise en place de véritables filières, d'autres se sont trouvées limitées par les ressources disponibles ou la complexité de leur mise en œuvre.
La filière brique de terre comprimée (BTC) est sans doute la plus aboutie, la plus importante en terme de retombées mais la pierre litée ou le cocotier ont permis l'émergence de compétences mahoraises élevées comme en témoignent de nombreuses constructions de l'île.
La filière pierre
Exploitée dans certaines rares carrières de pierre plates, cette ressource a participé à la réalisation de nombreux bâtiments publics mais aussi de logements. L'excellent niveau acquis par les maçons en peu de temps a permis pendant une quinzaine d'années de developper à des coûts très concurentiels des projets parfois importants comme l'hémicycle du conseil général maçonné par des artisans mahorais, ou de simples dallages.
Utilisée de la même façon dans la réalisation de logements, elle a aussi été complétée par l'utilisation du moellon bien adapté pour la réalisation des soubassements par exemple. Si la ressource en moellon ne pose pas encore de problème, la pierre litée dont les sites d'exploitation mal protégés ont été utilisés stupidement comme matière première pour la production de granulats est désormais très difficile à trouver.
La filière cocotier
La cocoterais mahoraise est âgée et constitue une ressource potentielle forte (+ 400 000 pieds). Utilisée grâce à l'installation d'une entreprise privée (Toit Végétal) qui s'est progressivement fait une spécialité de son exploitation, le cocotier a d'abord servi de bardeaux et notamment de surtoiture de la tôle ce qui ajoutait aux facteurs d'isolation thermique et sonore une esthétique indéniable. L'expérimentation s'est poursuivie dans le cadre de constructions individuelles en structure et toiture cocotier : un logement dans le quartier de la Convalescence, 4 logements dans le lotissement Tanafou du village de Passamaïnty.
La réalisation de mobilier a aussi fait partie des développements effectués.
Dans ce cas la matière première reste (encore) abondante mais son exploitation s'est accrue d'année en année sans rationalisation des approvisionnements. Ces difficultés ont progressivement poussé l'entreprise à faire évoluer son activité après plus de 12 années de production intense.
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