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Une première génération de 30 années
Comment produire les milliers de logements qui remplaceraient 90% des logements mahorais réputés insalubres et répondre aux besoins nouveaux ? On décide d’adopter une démarche simple et pragmatique qui revient à faire de l’habitant et du mahorais les acteurs de ce programme. Cette démarche a organisé la production du logement aidé pendant trois décennies avec un produit de base, la « case SIM » réalisée à près de 18 000 unités et accueillant probablement plus de la moitié de la population de l’île.
La prise en compte des données sociologiques
La démarche choisie est basée sur une observation sociologique approfondie de l’habitat traditionnel associée à un diagnostic technique des moyens de production. Elle a permis la réalisation par les mahorais de leurs nouveaux logements, tout en évitant les ruptures si fréquentes entre les produits d’une politique sociale et ses destinataires. L’accession Les familles sont propriétaires dès leur entrée dans les lieux. Cette disposition permet une véritable appropriation pour un habitat qui reste à finir. La responsabilisation Les attributaires d’une aide à la construction doivent participer à leur projet mais cette contribution s’adapte. Elle consiste généralement en une prise en charge du chantier, elle peut aussi prendre la forme de matériaux ou d’apport financier. L’État assure, au travers de son opérateur, la SIM, l’apport des matériaux l’encadrement technique et financier. Le non-endettement Le recours à l’emprunt bancaire n’est ni abordable, ni souhaitable pour les familles dont les ressources monétaires sont rares sinon inexistantes dans les années 1980. La contribution s’organise en travail dans le cadre de l’autoconstruction notamment. La valorisation des ressources locales La production des logements sociaux s’appuie en permanence sur les savoir-faire et les matériaux locaux de manière à favoriser l’emploi et les retombées économiques. Des structures artisanales sont réparties dans toute l’île et le tissu d’artisans atteindra jusqu’à 400 fournisseurs pour les programmes des la SIM. La formation Les réalisations doivent être l’occasion de faire émerger et de structurer un tissu artisanal quasi inexistant en 1978. Ce sont les missions des structures telles que la coopérative Musada qui conduit des chantiers-formation ou de l’APFPC, association en charge des programmes de formation professionnelle. L’association des compagnons du tour de France a jouer un rôle essentiel dans cette démarche.
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