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La mise en place d'un outil de production
Bien qu'il n'y avait à Mayotte, faute de programmes préalables, pratiquement aucune entreprise en 1977, la politique mahoraise de l'habitat social développe ses opérations en créant progressivement un outil de production local suffisamment puissant pour construire les milliers de logements qui seront réalisés les 3 décennies suivantes. Alors qu'il est aujourd'hui de plus en plus question de développement durable ou endogène dans les orientations politiques ou institutionnelles préconisées (par exemple : les conclusions de Etats généraux de l'Outre-mer), cette démarche entamée il y plus de trente ans pourrait bien se trouver aux avant postes dans les projets de construction futurs. De façon courante la réponse à la production quantitative de logements a été, encore récemment, celle d'une importation de technologies ou de préfabrications lourdes. A Mayotte devant le même défi que constituait le renouvellement de 90% du parc existant et la prise en considération des besoins neufs soit plusieurs milliers de logements en quelques années, la démarche adoptée par les représentants de la très jeune collectivité territoriale (créée en 1977) et ceux de l'Etat va se donner les moyens d'être le lieu d'expérimentations et d'applications dont la dynamique aura clairement influencé le BTP local dans son ensemble. Elle a aussi inspiré d'autres politiques puisque d'assez nombreux échanges ont pu avoir lieu avec des responsables de programmes similaires malgaches, africains, américains ou encore wallisiens et calédoniens. Il faut avant tout, pour évoquer cette démarche, considérer la création d'un ensemble d'outils. Pour commencer la SIM comme opérateur de l'habitat social, la coopérative d'importation de matériaux et d'outillage ainsi que les ateliers de production qu'elle a piloté, les structures artisanales de charpente, de menuiserie ou encore les briqueteries installées dans l'ensemble de l'île, l'association de formation professionnelle (APFPC) et enfin l'intégration de la maîtrise d'ouvrage, de la maîtrise d'œuvre dans le structure de la SIM qui s'est longtemps appuyée sur la méthode des chantiers formation-production. Ces derniers, le plus souvent conduits par des compagnons du tour de France ont permis l'émergence et la consolidation de savoir-faire exceptionnels dans la plupart des domaines de la construction traditionnelle pour évoquer la priorité à l'emploi qui a toujours été affichée. Enfin associés à ces savoir faire, il est question de matériaux appelés « locaux » où ont été largement utilisés pour devenir de véritables filières technologiques : le raphia, le cocotier, le manguier, la pierre basaltique, la brique de terre cuite et surtout la brique de terre crue. |

